Nintendo contre les fangames

Nintendo est une des plus grandes entreprises de jeu-vidéo au monde. Elle a bercé l’enfance de beaucoup d’entre nous. La firme nippone produit des consoles et des jeux-vidéos par millions. Cependant, cette démocratisation de jeux va donner envie à des fans de prolonger leur plaisir. Ils créent donc des fangames. Ce sont des jeux de fans basés sur une licence connue. Mais cela ne plaira pas à Nintendo et ceux-ci n’hésiterons pas une seule seconde à les supprimer !

I/ L’effervescence des fangames

Les fangames, ce n’est pas quelque chose de nouveau. En effet, Il y en a eu de très nombreux. Certains sont même de très bonne qualité. On peut noter : “Pokémon Uranium” qui a atteint les 1.5 million de téléchargement. Ou encore “Another Metroid 2 Remake” qui lui a été nominé aux “Game Awards”. Il y a même des fangames qui font vivre des chaînes YouTube. Kaze Emmanuar par exemple, en réalisant des hack-roms sur l’univers de “Super Mario 64”. Certains constructeurs comme “Sega” pour “Street of Rage Remake” laissent passer. Parfois même ils aident à financer comme dans “Metal Gear Remake” avec “Konami”. Cela peut s’avérer très utile pour ces créateurs. Certains se font recruter par l’éditeur officiel pour produire leur jeu. C’est le cas de Jared Kasl à qui il sera demandé de produire “Sonic Mania” pour l’anniversaire du hérisson bleu.

II/ Nintendo le tueur de fangames

Nintendo ne le cache pas, ils n’aiment pas qu’on utilise leurs licences. Ils ont déjà supprimé plusieurs produits dérivés de fans. On peut noter la parodie “Pokémon” de Smosh, ou encore “The hero of the time”, un film de fan sur l’univers Zelda. Ils utilisent la loi DMCA pour le faire. C’est une loi qui consiste à protéger les droits d’auteur, notamment dans le monde du numérique. Nintendo a déjà lancé l’offensive. Ils ont déjà supprimé plus de 500 jeux sur Gamejolt. Ou encore AM2R par exemple. Même après des années de développement, ces jeux peuvent se faire arrêter par une simple mise en demeure de la part de Nintendo. On voit aussi que Nintendo a vraiment du mal à s’entendre avec ses fans. Comme on l’a vu avec le Nintendo Creator Program avec les youtubers. Ils prennent 70% de revenu et il faut leur autorisation.

III/ Nintendo a le droit de le faire

En réalité, développer un fangame est illégal ! Même si cela reste toléré parfois, il faut une autorisation de Nintendo ! Ici le Fair Use ne s’applique pas. Ce n’est pas que Nintendo n’aime pas ses fans mais ce sont leurs licences. C’est leur propriété intellectuelle qui est dessus. Cela ne sert à rien de râler sur les réseaux sociaux. Le domaine des jeux-vidéos est tiré par l’argent comme n’importe quel autre domaine. Si d’après Nintendo, il n’y a pas de bénéfice qui peut leur être apporté, ils ne veulent pas encourir de risque et suppriment tout simplement. De plus, ils n’accepteront donc pas que quelqu’un gagne de l’argent sur leur dos. C’est ce que faisait GameJolt en mettant de la publicité à côté des fangames proposés. Tout fangame qui prend une grande ampleur est potentiellement un risque de perte d’argent. Par exemple, Mario 64 Online aurait pu gêner la sortie de Super Mario Odyssey. On dit souvent que Nintendo pourrait profiter de leur succès pour se faire de la pub mais est-ce vrai ?

IV / Les fangames profitent du succès de Nintendo

En effet, cela peut sembler étrange au début mais c’est logique. Dans certains cas, les fangames ne sont là que pour se faire plaisir et cette initiative est à saluer. Cependant, parfois on peut se demander si les créateurs ne font pas cela pour faire de la pub à leur prochain jeu. En effet, faire un fangame peut rapporter beaucoup de buzz surtout si Nintendo souhaite le supprimer. Et ce buzz permettrait par la suite de faire connaître le fangame. Prenons l’exemple de “Runiya”. À la base, c’était un jeu pour tenter de faire un “Mario Maker like” mais avec l’univers de Zelda. Cependant, ce projet a beaucoup fait parler de lui et notamment grâce à la mise en demeure de Nintendo. Par la suite, le créateur a donc dû changer le nom du jeu et les textures pour proposer quelque chose d’un univers complètement différent et sortir son propre jeu à 20 euros sur Steam. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres on peut aussi noter Odditz (Mother 4) ou encore Zelda 3D qui vont complètement changer leur texture et devenir payant. 

Conclusion

Nintendo ne serait pas en fait le grand méchant de l’histoire. C’est normal qu’un artiste ne souhaite pas que l’on vole son œuvre. Il faut donc les comprendre. Nintendo sont les seuls qui produisent à la fois des consoles et des jeux en grande quantité. Chaque prise de risque  peut être dangereuse pour eux. Ils doivent donc faire très attention à leur image et ne pas se laisser envahir par les jeux de fans jusqu’à un point où ils viendraient éclipser leur propre travail. De plus, la plupart des fangames se font sur des anciens jeux. Or, Nintendo est une firme qui ne cesse d’innover. On l’a vu dernièrement avec la Nintendo Switch. Donc rester figé dans le passé n’est pas ce que souhaite Nintendo. Ils veulent continuer d’innover.